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Chronique : La Route de l’Encens Sujet 2 : Le kôdô, un art Japonais méconnu !

mars 20th, 2011

Le kôdô est une cérémonie au cours de laquelle on apprécie les fragrances exhalées par les bois parfumés que l’on brûle selon des règles traditionnelles, c’est un art qui est très raffiné.

C’est avec l’arrivée du bouddhisme que ces bois parfumés ont été introduit au Japon. Vers la seconde moitié du VII° siècle, on se met à les utiliser couramment pour embaumer les pièces d’habitation (soradaki) et pour parfumer les vêtements (ikô), pratique dont l’âge d’or se situe au Xème siècle. On prépare ainsi un encens personnalisé, en malaxant une poudre de bois parfumé, des produits aromatiques d’origine animale et du miel, selon un procédé d’origine chinoise. La compétition consiste donc à présenter le meilleur mélange possible ! La légende dit qu’un général du nom de Sasaki Dôyo a pu collectionner de grandes quantités de bois aromatiques, et a donné  ainsi des réceptions où l’on pratiquait cet art de l’encens, ainsi que celui du thé. Il organisait ainsi des vraies compétitions au cours desquelles étaient  offertes de nombreux prix. La cérémonie des parfums a par la suite fait alliance avec des amateurs de parfum et le milieu de la littérature. Etant de plus en plus raffinés, ces jeux ont fini par donner naissance à la « Voie de l’encens« , le kôdô, un art japonais « total ».

La forme la plus ancienne de cette cérémonie est le « jutchûkô » (qu’on pourrait traduire  par « les dix écoutes », car dans la voie de l’encens, sentir se dit écouter), dont les bases sont jetées vers la fin du XIV° siècle. Pour les « dix écoutes », on prépare dix petits morceaux de bois dont les neufs premiers proviennent de trois essences différentes, le dernier d’une quatrième ; une série, donc, de trois, trois, trois et un. On fait d’abord « écouter » un morceau des trois premières fragrances, donc trois écoutes, que les participants essaient de mémoriser. On combine après les morceaux qui restent, soit 2, 2 et 2, et aussi le morceau de la fragrance que les personnes autour n’ont pas encore sentie, que l’on appelle « kyaku » (l’invité). On met à brûler ces 7 morceaux dans un ordre quelquonque et concevoir un ordre dans lequel ces morceaux ont été brûlés. Au XVII° siècle, on conçoit divers style de combinaisons et plus de mille formes nous ont ainsi été transmises.

Des instruments dédiés à la pratique de la cérémonie de l’encens ont ainsi trouvé leur place dans le trousseau de mariage des filles de grands rois ou de riches commerçants. Aujourd’hui, il existe deux grands et principales établissements scolaires : celle des Oie-ryû et celle des Shino-ryû. Afin d’obtenir des fragrances de qualité, il est primordial de tempérer correctement la flamme dans le brûle-parfum. Le cérémonial se déroule dans le respect des règles de politesse. Les participants ne doivent rien porter sur eux, il y aurait un risque de dégager une odeur.

A suivre, l’utilisation de l’encens en Chine…

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